« Danse Papillon » : Une Echappée Belle

Notre Echappée Belle : « Danse Papillon »

Professeur de danse classique depuis de longues années dans diverses structures en France puis maintenant en Suisse. Enseignant à des publics très différents, depuis des tout petits, des amateurs, des pré-professionnels, ou des adultes hyper-débutant, je suis passionnée par la transmission de la danse et de comment cette dernière permet à travers l’appropriation ou la ré-appropriation de son corps, un retour à un équilibre, comment elle permet de traverser des moments difficiles et parfois très douloureux, de se guérir des blessures de vie, de se retrouver, se reconstruire, de s’accepter et de s’aimer pour aller de l’avant.

Depuis la petite fille de 5 ans qui commence enfin à parler, l’adolescente maltraitée qui reprend son souffle en classe de danse et ainsi assez de force pour partir en foyer, l’adulte qui retrouve son corps oublié après de multiples grossesses, la jeune fille qui va au delà de ses forces pour réussir des concours et rentrer dans de grandes écoles….etc etc.

Et aujourd’hui, moi aussi la danse m’a soutenue et permis de ne pas sombrer tout au long de ces dernières années.

Son témoignage :

 » J’ai rencontré pour la première fois mon ex mari à l’âge de 10 ans, c’était à son mariage.
Lorsque je suis revenu sur Paris 15 ans après, il m’a recontacté et m’a proposé de partir en vacances sur son voilier avec sa femme et ses enfants. Il m’a demandé cela en m’embrassant sur la bouche, il avait 40 ans. J’étais à l’époque extrêmement fragilisé par une longue dépression….alors…je suis devenue son amante sur son bateau. Puis il a quitté sa femme pour moi et nous avons commencé à vivre ce qui semblait être une superbe histoire d’amour, nous aimant contre vents et marées, défiant la terre entière. Mais aussi avec ce qui insidieusement m’envahissait, c’est à dire…il fallait que cette histoire d’amour réussisse puisque nous avions cassé toute une famille et causé tant de douleur autour de nous.
Nous avons d’abord eu un fils que je désirais profondément puis mon deuxième est arrivé 5 ans après, aussi très très attendu et suite à de nombreuses fausses couches. Cela n’a pas permis de souder le couple, bien au contraire. Entre un détachement très rapide du père envers ses fils et une continuelle manipulation paranoïaque à mon égard pour que je sois de plus en plus dans la fusion avec lui, le couple a commencé très vite à disparaitre et moi à m’éteindre de l’intérieur. Jusqu’au jour où j’ai demandé à faire ensemble une thérapie pour remettre les choses au clair. Cela a duré 3 ans où nous ne nous parlions qu’une heure par semaine lors de la séance de thérapie. Le reste du temps à la maison, c’était le silence mortifère, constant et omniprésent.
Lorsque cela a commencé à vraiment le bousculer de l’intérieur, mon ex mari a brusquement tout arrêté. J’ai immédiatement demandé le divorce, car de mon coté, j’avais pu lentement me reconstruire.

Il n’a pas compris que je puisse en arriver à demander la séparation. L’appartement m’appartenant, la juge lui donnait 3 mois pour partir, il a alors attendu la fin de la trêve de l’hiver, c’est à dire plus de 6 mois pour quitter les lieux.
La juge m’a donné la garde des garçons et heureusement des séances de conciliation où nous avons pu mettre en place des visites tous les 15 jours. Lors du divorce, il a exigé une pension compensatoire de 80000€ en argumentant que j’avais gardé l’appartement qui de fait m’appartenait puisque je l’avais acheté seule. La juge ne l’a pas suivi et mon ex mari a donc fait appel du jugement. Entre temps les garçons allaient le voir normalement et régulièrement jusqu’à ce qu’il rencontre et se mette en ménage avec une veuve sans enfants.

A partir de là, les choses se sont compliquées, les garçons devaient se changer en arrivant et en repartant de chez eux. Ils étaient fouillé en partant pour bien vérifier qu’ils n’emportaient pas d’éventuels jouets. J’ai commencé à voir des dessins profondément traumatiques de la part du plus jeune, des pleurs et des angoisses en allant chez le père et des colères et des querelles en revenant.
Pour se protéger l’un vis à vis de l’autre chez lui, ils jouaient le jeu en se montrant comme de bons petits fils sages mais cela les mettaient dans une situation impossible et moi, m’enfonçait dans le personnage de manipulatrice et de mère aliénante car tout ce que je pouvais dire à leur père ne correspondait pas à ce qu’ils faisaient semblant de vivre chez lui.

3 ou 4 ans après, j’ai rencontré quelqu’un qui habitait dans un pays limitrophe à la France, et nous sommes tombés amoureux. Nous avons décidé de nous rejoindre lorsque mon ainé aurait passé son bac.

Les relations avec le père devenaient de plus en plus traumatisantes pour mes garçons. Ils n’ont définitivement plus voulu y retourner et m’ont demandé d’en appeler au JAF que j’ai donc saisi en référé. Elle les a alors entendus seul à seul. Mais il faut savoir que le compte rendu est toujours donné à la partie adverse et cela dévoilait leur parole et la réalité de ce qu’ils vivaient. Et donc je décidais en accord avec mes avocats de ne plus les laisser repartir chez leur père car cela aurait été trop dangereux pour eux. La juge aurait dû donner une réponse très rapide, mais le père a fait en sorte de ralentir la procédure en demandant une expertise psychologique qu’il a ensuite refusé de payer et de faire.

Et pendant ce temps là, il allait à la police et déposait plainte sur plainte pour non présentation d’enfant.

Nous sommes partis à l’étranger rejoindre mon nouveau compagnon. J’ai laissé derrière moi mon poste de professeur titulaire, mon appartement et tout mon réseau d’amis, une part entière de ma vie en quelque sorte…. J’ai bien sûr fait le nécessaire auprès du père pour le prévenir et lui donner toutes nos coordonnées et informations au sujet de la scolarité des enfants. Juste avant notre départ, j’ai eu un rappel à la loi car les garçons ne voyaient plus leur père depuis des mois. De mon coté, j’attendais toujours la réponse du JAF qui était retardé par les reports de mon ex mari…le procureur lui, n’a plus voulu attendre la décision du JAF et j’ai été convoqué et condamnée à trois mois de prison avec sursis pour non présentation d’enfant.

J’ai alors fait appel, ce qui a ramené ma peine à 2 mois avec sursis, puis commencé à faire des aller retour avec mon plus jeune fils, l’autre avait atteint sa majorité entre temps.
Pour cela j’envoyais un courrier au père en le prévenant à l’avance. Au mieux il ne me répondait pas, au pire je recevais une lettre d’insultes. Puis j’allais néanmoins à….. avec mon fils, mais il ne rencontrait pas son père et nous nous rendions à la police pour faire une main courante pour faire constater notre présence. Nous avons fait cela pendant plus d’un an, toutes les 4 ou 5 semaines, plus de 800 km en voiture à chaque fois…..

Puis, les autorités de notre pays d’accueil m’ont demandé une autorisation du père pour obtenir un visa de résident. Comme ce dernier a immédiatement refusé, j’ai dû ressaisir le JAF qui en voyant toutes nos démarches et les mains courantes prouvant nos essais de visites, nous a heureusement donné son accord pour pouvoir nous installer à l’étranger et tout simplement reconstruire ma vie, notre vie, mon grand ayant réussi à entrer dans une école d’art et de cinema prestigieuse et moi à trouver un très beau poste dans une très belle école de danse.

Entre temps, la JAF libérait mon jeune en lui permettant de ne voir son père que lorsqu’il le souhaiterait. Elle se dédouanait de la situation en argumentant qu’elle ne pouvait pas connaitre la réalité puisqu’il n’y avait pas eu d’expertise psychologique. C’est à dire si j’étais effectivement une mère manipulatrice et aliénante ou si mon ex mari était lui un pervers paranoïaque et manipulateur.

Quelques mois plus tard, je recevais une nouvelle demande de droit de visites extrêmement contraignante, en plus d’une demande de baisse de la pension alimentaire, qui par ailleurs était déjà ridicule. Le nouveau JAF a à nouveau entendu mon fils et cette fois a enfin compris des véritables motivations du père. C’est à dire faire en sorte que je sois obligée de lui amener son fils à son domicile et tout faux pas m’envoyant directement en prison ferme en tant que récidiviste. Le JAF a alors donné un jugement enfin cohérent et écrit noir sur blanc que cet enfant irait voir son père quand il le désirerait et que cela ne pourrait être que lorsque le père arrêterait d’attaquer violemment sa mère.

Quelques semaines plus tard, mon ex mari a prétexté ne pas avoir reçu les attestations scolaires que j’avais pourtant envoyé par mail pour arrêter de payer la pension alimentaire. J’ai donc fait faire une saisie sur salaire qui a immédiatement débouché sur une plainte auprès du JEX. Et là, enfin….il a été condamné pour procédure abusive et a du payer des dommages et intérêts, plus un certain nombres de phrases dans le jugement soulignant la toxicité de cet homme.

Mais reconstruire sa vie avec de tels bagages est loin d’être facile. Et doucement sans que je m’en rende compte mon nouveau compagnon s’est rapproché de celle que je pensais être son ex épouse depuis plus de 7 ans et avec qui en fait il était toujours marié. Jusqu’au jour où j’ai découvert qu’il me trompait depuis des mois avec sa femme…!!!!! Au même moment fragilisé par la complexité de toute cette situation, j’étais convoqué par ma direction. Ils me donnaient 6 mois pour revoir toute ma pédagogie et remettre en question tout mon travail. J’ai alors dû signer mon nouveau contrat en acceptant après plus de 20 d’enseignement d’être sous le tutorat de ma collègue plus jeune et n’ayant que quelques années d’expérience. Ceci pendant toute l’année scolaire et en ayant très régulièrement des inspections du directeur artistique dans mes cours.

Un dimanche de cet été là, n’en pouvant plus, je me suis retrouvé en hôpital psychiatrique…je voulais juste dormir un peu…et cela m’a permis de dévoiler à mon ex compagnon que j’avais découvert qu’il me trompait depuis des mois avec sa femme et que j’avais appris grâce à des mails qu’il avait laissé trainer, qu’il projetait de déménager avec elle aux USA.

Puis au début de l’automne, n’en pouvant plus de cette situation où mon ex compagnon me demandait d’accepter une relation triangulaire et poly-amoureuse, je suis partie de chez nous en laissant mon plus jeune, mon ainé connaissant ma situation, préférait être chez sa petite amie. Je suis resté plus de deux mois chez un ami en attendant que mon ex-compagnon trouve un appartement, car lui, ayant un très gros salaire, avait plus de facilité pour se reloger alors qu’avec mon petit salaire, je n’aurais jamais pu trouver qu’un studio pour mes garçons et moi même. Pendant ce temps, au travail, j’étais régulièrement inspecté par le directeur artistique dans mes cours.

Aujourd’hui, un an après, mon ex compagnon est définitivement sorti de ma vie, j’ai trouvé des solutions pour rester chez moi en ayant 2 colocataires, je continue à travailler dans cette école que j’aime beaucoup, tout en cherchant d’autres lieux car je ne sais toujours pas si l’on va me garder malgré le fait d’être énormément apprécié par les parents, mes élèves et mes collègues et le fait d’avoir d’excellents résultats en ayant formé une petite dizaine d’élèves qui sont tous partis dans de grandes écoles, soit pour suivre une formation complète, soit en stage comme à l’Opera de Paris, le Royal Ballet de Londres, le NDT à Amsterdam, la TAZ à Zurich, Washington, l’école du Ballet de Marseille ou de Monaco…..etc etc…

Mon ainé fini cette année son Bachelor en cinéma, et mon plus jeune a réussi à rentrer à Rudra, l’Ecole du Ballet de Béjart…..Moi….malgré une dépression réactionnelle, je n’ai jamais lâché mon travail et aujourd’hui je revis doucement. Mes garçons, mes élèves, la Danse et le réseau d’amis que j’ai réussi à reconstruire dans ce nouveau pays, me soutiennent……je suis sure que ça va aller mieux….

Pour finir, actuellement la seule procédure qui reste en cour est celle que mon ex mari et son frère, qui à la mort de leur mère, ont lancé il y a deux ans contre leurs propres enfants, dont mes deux garçons. Cette dernière ayant légué à ses 7 petits enfants par le biais d’une assurance vie tout l’argent qu’elle avait pu garder suite à la vente de sa maison, pour que ses petits fils puissent en bénéficier dans leur vie d’adultes ou l’utiliser pour leurs études …mais ça, je laisse mon avocat s’en débrouiller tout seul……et c’est une autre histoire…!!! »

 

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