Témoignage d’une échappée belle

Par Natacha, Avignon

« La violence n’est pas toujours physique. Elle peut être psychologique, donc plus insidieuse et plus difficile à détecter y compris pour la victime elle-même. Un processus progressif de protection se met en place chez la victime qui tombe dans le déni et minimise les violences qu’elle subit jusqu’à l’épuisement. Elle est alors incapable de réagit et de s’en sortir seule.

Ce scénario, je l’ai vécu, sans le comprendre, jusqu’à ne plus avoir la force de vivre. Mes enfants étaient ma seule raison de m’accrocher à la vie. Un jour, je lis par hasard sur internet le témoignage d’une victime de pervers narcissique et je me reconnais dans les ressentis. Je me dis dans un premier temps « ce n’est pas possible ! ». Puis je lis tous les livres sur le sujet et consulte une psychologue. Il me faudra 2 ans pour organiser mon départ. Dans un premier temps, je dois comprendre et accepter ce qui m’arrive ou plutôt sortir du déni et reconnaître que ce que je vis n’est ni normal ni acceptable. Car oui, les dénigrements et humiliations permanents que je vis sont anormaux et non ils ne sont pas dans ma tête comme me le dit mon mari. Non, ce n’est pas non plus comme cela dans tous les couples. En tout cas ce n’est pas ça l’Amour !

Ma rencontre avec Maître Steyer fût décisive dans la suite de mon histoire. Sa connaissance du processus de violences psychologiques ou physiques (c’est le même processus) et sa connaissance des personnalités narcissiques m’ont aidé à réussir à partir. Son écoute, sa compréhension, son analyse et sa pertinence m’ont permis d’aller jusqu’au bout de ma démarche. Car quand on quitte un homme narcissique, on a peur ! Peur de sa réaction, peur de mourir, peur pour les enfants, peur qu’il nous empêche de partir, peur de tout. J’étais devenue paranoïaque. La douceur d’Isabelle Steyer m’a apaisée et permis de reprendre confiance en moi pour passer ces étapes si difficiles. Son approche spécifique m’a permis de me séparer dans des conditions psychologiques satisfaisante pour mon mari et moi alors que je craignais le pire. C’est important pour se reconstruire ensuite de ne pas laisser la situation empirer.

Je suis issue d’un milieu favorisé et mon ex-mari aussi. J’avais la chance d’avoir gardé mon autonomie financière. Je suis une femme diplômée, active et battante et malgré cela, ce fût terriblement difficile. La culpabilité et la peur me rongeaient. La victime se sent souvent coupable et c’est ce qui l’affaiblit et l’empêche de partir car la culpabilité est le levier de manipulation favori des manipulateurs narcissiques.

Je me demande comment une victime qui n’a pas d’autonomie financière peut trouver la force de partir. Selon moi, c’est impossible si elle n’est pas entourée de professionnels avertis. Il est bien dommage d’avoir si peu d’avocats et de juges spécialisés ou ayant connaissance des caractéristiques de scénarios de violence alors qu’en France 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint et 1 français sur 10 est victime d’atteinte psychologique (12,7% des femmes et 10,5% des hommes, selon l’INSEE). »