Témoignage d’une Echappée Belle

Qui suis-je ?

Née en 1966 dans le Sud de la France, j’ai cette année 51 ans. De petite taille, métissée, yeux marrons, brune, j’essaye d’entretenir la forme.
Je suis issue d’une famille modeste de 3 enfants. Mariée à l’âge de 21 ans, j’ai vécu 9 ans sans pouvoir donner la vie et fonder ma propre famille. Pour remédier à cela, j’ai passé beaucoup de temps dans les bras des médecins afin d’avoir recours à la PMA. Mon livre m’a libéré de toutes souffrances morales et j’ai voulu à l’époque raconter notre histoire personnelle pour aider des couples dans la même galère.

A 30 ans, notre bébé adoptif est arrivée du Mali après 3 ans d’attente. Une petite fille croquante de 7 mois a atterri dans mes bras le 16 novembre 1996. A 32 ½ ans, le miracle s’opéra et le bébé attendu biologiquement montra le bout de son petit nez. Elle a aujourd’hui 19 ans. Et à 34 ½ ans la bonne  surprise de découvrir que le cadeau de la vie me fit cet honneur qu’un autre petit nez serait là 9 mois après. Elle a bientôt 17 ans. Toutes les trois sont toute ma vie !

Je pratique le running et participe à quelques compétitions pour le plaisir et pour faire le break le temps de la course. J’aime les animaux de compagnie notamment le chien et le chat ainsi que l’oiseau pour observer sa liberté dans les airs. La moto et le passage du permis A est une belle revanche sur ma taille. A travers la moto j’ai pu voyager et connaître des vacances sous un autre jour. Le domaine créatif qui fait partie de ma personnalité me permet de rêver et de m’évader.

D’ailleurs, c’est inscrit dans mon signe astrologique qui est « la balance ». J’aime la cuisine des grands-mères et aussi traditionnelle car c’est une façon de garder le pied dans le passé. Celui qui me semblait plus doux petite fille.
Mon trait de caractère est plutôt calme mais stressée et angoissée. Fidèle à l’amitié, je pense que je suis sociable et aime aider les gens dès que je peux. Le mensonge est un défaut que je déteste. La bouderie passagère fait partie de moi dès que l’on abuse de mes faiblesses. J’évite ainsi au maximum l’altercation. Je sais obéir aux ordres sans discuter mais bougonne s’ils ne sont pas fondés à mes yeux. Je n’aime pas l’humour noir, la moquerie et les critiques violentes. Le vieillissement est une fatalité que je déteste. La cruauté est un mot problématique. Le courage est une grande qualité. J’aime le bonjour et le sourire car c’est une image communicative. Je crois à la main tendue et aux astres. Très complexée par ma taille et ma couleur de peau, je reste parfois réservée dans une assemblée. Lorsque je suis en désaccord, je sais montrer que je suis capable de me fâcher mais toujours par obligation et non par impulsivité. J’ai créé une entreprise individuelle dans la catégorie « services à la personne » et j’ai refermé peu de temps après car ce n’était plus possible de la développer dans le contexte où je me trouvais à ce moment-là.

Mon métier d’aujourd’hui est adjoint technique et je suis en procédure de divorce après 30 ans à ses côtés et 29 ans de mariage. J’ai pris la fuite avec les filles et les animaux laissant derrière moi ma cage dorée et en emportant le nécessaire pour survivre. Notre vie a basculé du jour au lendemain…

Les violences subies

Je ne savais pas… Comment est-ce possible… Pourquoi moi…
• Depuis le début de notre rencontre, il jouait à me faire peur dans le noir comme à taper dans les volets de notre chambre, se déplacer à pas de velours pour me surprendre dans le sommeil et me faire sursauter • Je me souviens lors d’un voyage que lorsque je souhaitais acheter un souvenir il commençait ses interdictions d’un air autoritaire. • Le soir de nos noces a été un vrai fiasco. J’ai eu droit à la frustration de l’abstinence volontaire • Il ne supportait pas que je reste au téléphone avec mes parents et ma famille sous prétexte que le téléphone était cher. • Il voulait voir mes parents mais il critiquait par la suite leur vie donc nous espacions les retrouvailles. • Un beau jour nous partions chez mes parents à 400kms de notre domicile et nous avions attelé la remorque. Sur l’autoroute, la roue crève et le garde-boue s’envole pour atterrir en plein milieu de la seconde voie.
Arrêt obligatoire ! Il a passé son temps à me hurler dans les oreilles en me traitant « d’incapable, de trouillarde…. » afin que je traverse et ramasse le garde-boue qui était rendu avec le vent sur le milieu des 4 voies, tout cela devant les yeux des enfants qui pleuraient et suppliaient de ne pas le faire. Au bord de la route et la peur au ventre de me faire écraser et malgré les injures de Monsieur, je ne l’ai pas fait. • Un jour il a piqué une crise face à une bagatelle sur la nourriture en me poussant violemment vers les escaliers. Ce sont les bras des grandes filles qui ont retenu la chute. • Venant de me faire opérer des oreilles en 2009, il avait honte de moi. Il m’a humilié devant ses collègues en montrant des signes de dégoût et d’isolement dans un repas de Noël. • Je me souviens qu’il s’amusait à émettre des flatulences dans le lit et m’empêchait de partir du lit. Il relevait les draps de façon à subir ses odeurs nauséabondes et les bloquaient en entourant ses poignées. Je me débattais mais lui était grand et fort. • Dans l’intimité encore, tout jeune il jouait à l’oreiller sur la tête. Heureusement que j’arrivais à mettre mes bras pour faire un trou qui me permettait de respirer. Un jour ce fut limite et j’ai du taper du bras sur les draps pour lui dire qu’il m’étouffait. Ouf ! par bonheur il a relevé l’oreiller et j’ai pleuré seule dans la nuit. • Lorsque j’ai accouché, je suis devenue son ennemie au lieu de sa femme qui avait enfin réussi à mettre au monde un bébé. A la maternité il a convoqué dans la chambre une psychologue en disant que j’étais folle car je ne mangeais pas mes repas comme il fallait. J’avais le blues de l’accouchement… Arrivée au domicile, j’ai été au moins 10 fois par jour pardonnez-moi de l’écrire une « CONNE » car je ne reproduisais pas trait pour trait les gestes des sages-femmes et leur écrit sur le cahier personnel que je tenais pour me rappeler et garder un souvenir. • Dans le quotidien, je devais garer ma voiture au garage très très très droite. C’est tout juste s’il ne mesurait pas. Il contrôlait mon compteur kilométrique. • Maman au foyer par manque de réussite, je n’étais plus rien. Un boulet pour lui. Les mains toujours derrière le dos ou les doigts qui se frottent à répétition, il a refait un dimanche une crise et a critiqué toute la maison. Passant par la couleur des rideaux, les choix de films et cassettes vidéos, les tiroirs trop remplis, les achats, ses vœux etc. Pour avoir un peu d’estime de mon mari, je devais travailler à la maison sans relâche. Certes, il ne me menaçait pas directement mais critiquait mes faits et gestes et me traitaient en disant qu’il m’arriverait quelque chose dans la vie si je restais sans rien faire une fois. Ce serait bien si tu n’as rien à faire que… donc je rentrais au mois de Septembre les stères de bois dans le box, je le coupais à la hache ou au merlin, je réalisais les travaux de la maison comme casser les murs, carreler une grande terrasse, repeindre à 2 fois la façade de la maison seule accrochée par un harnais, coudre, faire les comptes, m’occuper de lui et les enfants, réparer ce qui ne marchait plus quand il ne voulait pas m’aider à le faire, refaire le carrelage de la maison, décaisser pour refaire une chape, tondre et cetera et cetera tout cela étalé dans les années à ces côtés…

Par sa malformation physique, il souffre certes et pour cela j’ai beaucoup pleuré. La dernière fois d’un arrêt de travail où j’étais à ses côtés et qui lui a valu 3 semaines alité sans pouvoir se lever. Je me suis occupée de lui sans relâche car il ne voulait pas partir à l’hôpital. J’ai passé mes journées à essayer de soulager sa douleur(massage des pieds, la toilette, le nettoyage des bassins, le repas et ses demandes etc.) Sans retour d’un merci mais plutôt de la colère car il se sentait diminué il me disait : « C’est Normal ! Je t’ai bien éduqué ! » • J’avais l’interdiction formelle de dévoiler ce qui se passait à la maison et là j’avais le doigt qui menaçait. Il parlait de trahison de la famille. • Il frappait les animaux pour se faire plaisir et une de mes chiennes est décédée pour l’heure car son cerveau a été touché. • Quand ma première fille s’opposait à lui, il lui donnait des gifles et un jour il a entraîné dans sa chambre. J’ai couru car elle m’appelait et j’ai protégé ma fille en la mettant derrière mon dos et j’ai pris la gifle. Au moins, c’était moi. Elle avait 8 ans à cette époque. • Il s’amusait à freiner d’un coup sec avec la voiture en ligne
droite pour jouer avec nos peurs et subir les effets de la ceinture de sécurité. • Il attrapait mon cou comme un étau et quand je voulais m’échapper, il m’attrapait le bras qui bleuissait . • Son infidélité et ses inventions sur son impuissance disait-il me déstabilisée sérieusement. Il allait chercher celle qui lui faisait plaisir et il me laissait volontairement. Normal, il avait ailleurs ! • Il disait qu’il était en colère car je lui répondais parfois froidement, que j’étais hystérique et que tout ce qui arrivait était entièrement de ma faute. • Il cherchait des sujets de conflits pour alimenter une culpabilité, notamment sur le travail et l’argent. Son Amour était réduit au travail. J’étais fautive de tout son mal-être. J’y croyais je vous assure. • J’ai voulu un soir ne plus exister car je ne pouvais plus entendre ses insultes, sa haine, ma culpabilité, mon incapacité, mon impossibilité de trouver un travail par le manque de confiance en moi. Ma fille aînée m’a ramené à la raison ce jour par ses appels tandis que lui attendait que ça. • Le jour où je lui ai demandé des papiers administratifs, il a littéralement « explosé » les boulons et j’ai cru finir je ne sais où. Je suis partie me cacher en haut des poutres d’un bâtiment et sillonner les planches trouées pour ne pas tomber, bloquer ma respiration lorsque je le voyais me chercher. J’avais peur, très peur… • Il savait m’isoler par un silence de plomb qui durait plusieurs jours sans même me regarder et sans comprendre pourquoi il faisait cela si intensément. • Je devais avoir mangé avec les enfants avant qu’il rentre à la maison afin d’éviter des crises et des injures. • Il était inscrit sur des sites de rencontres et passait son temps à cliquer sur la page d’accueil dès que nous passions derrière lui. Il téléphonait à heure fixe à ses numéros avec un autre téléphone. • Il avait accroché des cordes qui ressemblaient à une pendaison de façon que je le remarque • Il faisait disparaître mes écrits personnels, des papiers personnels, toute ma maternité, de la nourriture que venions d’acheter et dès que je réclamais il me secouait parce que j’avais osé demander avec les enfants où est le paquet par exemple le paquet de riz ? • Je ne devais pas le déranger quand il regardait ses émissions favorites comme crimes, l’accusé et les
histoires bizarres. Il me traitait d’homme, de fleur fanée, que je ne lui étais plus utile et que 1000 autres étaient ailleurs à l’attendre. • Il inventait sans limite et inventait des histoires qui ne s’étaient pas passées avec des sujets de bases nous concernant. • Je sentais qu’il avait une double-vie mais je ne pouvais rien faire sauf que d’appeler au 39..pour raconter mes pleurs • Je pourrais raconter la vie à quatre avec ses parents. Ce sont les mêmes genres de personnes qui ont construit mon mari. Ils s’immisçaient chez nous avec leurs méchancetés. Son père m’insultait devant les yeux de mon mari sans que je ne puisse rien dire. Je pleurais car le poing se serrait et j’avais peur.
• Cela voulait dire : tais-toi ! ». Mes enfants avaient également peur de leurs grands-parents. Les réflexions désobligeantes étaient cruelles. Il fallait les servir. • Je stoppe en disant que j’avais droit à la douche écossaise. J’avais des moments d’accalmie et là je profitais de son (Amour ou de sa Gentillesse) ainsi que les enfants. • Je l’aimais et acceptais sans rien dévoiler comme il me le demandait et pour le village nous représentions l’image de la famille modèle.

Nécessité de se protéger et d’avoir un bon avocat

Sans aucun doute, le choix est difficile Se taire ou parler Garder le silence ou dénoncer le calvaire Se murer dans le silence ou dévoiler ce terrible secret On peut tourner dans toutes les façons une même question pour atteindre le même but, le choix reste encore difficile Après avoir pris conscience que l’homme qui est encore mon mari, père de mes enfants et que j’aimais profondément était un parfait inconnu et qui de surcroît voulait me détruire,
j’ai alors dit : « STOP ! » J’ai compris au bout de 27 ans. Matin, Midi et Soir j’ai cherché et lu des articles afin de comprendre et trouver ce qu’il fallait faire. Internet est une bibliothèque d’informations mais qui ne peut aider
que virtuellement.

J’ai donc envoyé des appels à l’aide pour sortir de cette galère dans laquelle j’étais depuis 30ans. Les professionnels sont INDISPENSABLES pour vous épauler car ils sont les preuves de vos ressentis. En commençant par le médecin familial qui peut détecter un malaise. Nous savons que la douleur n’est pas toujours physique. Ce qui ne se voit pas peut être aussi dangereux. Les assistantes sociales guident pas à pas dans la reconstruction de la nouvelle vie en passant par les papiers administratifs et les organismes à contacter. C’est important quand on vient de tout quitter car les repères ne sont plus là et c’est du laisser aller qui prend le dessus. En un mot la désorganisation. Les Associations permettent de comprendre que nous ne sommes pas seul(es) face à nous même. On peut raconter sans jugement et entendre des faits qui ressemblent aux vôtres. Ma psychothérapeute a
été le moteur de ma fuite car grâce à elle, j’ai enfin réalisé que mes enfants avaient des visages blafards, que nous étions entrain de mourir sur place à petit feu sans s’apercevoir du malheur. Sa compréhension face au problème a été bénéfique pour tout démarrer. Son réconfort face à mes pleurs était nécessaire pour trouver la force de croire à une vie meilleure et possible sans lui. Que le courage je l’avais en moi et que pour cela je devais ressortir ma personnalité égarée. Merci infiniment !

L’éducatrice de prévention est aussi une grande aide pour continuer à discuter en direct des difficultés familiales. (Humeurs, rencontres, vide, décalage vis à vis des gens, le travail, les enfants etc.) et enfin l’avocat(e)
L’Avocat(e) engage une lourde responsabilité pour la suite. Pour ma part Maître STEYER est mon avocate. La personne que vous avez quitté n’a pas de limite pour prononcer sa haine contre l’échappée. Il ou elle se montrera au tribunal dans la même position que vous avez quitté. L’avocat est là pour vous aider, vous réconforter avant, pendant et après l’audience. Il faut trouver la personne qui vous comprendra. Pour ma part, Maître Steyer était présente à mes côtés même dans mes pleurs et peurs et trous de mémoire. En revoyant mon mari, l’affectif prenait le dessus et je sentais les larmes revenir. Il fallait être forte à cet instant et ne pas flancher. Mon avocate a senti cela tout de suite. Évidemment elle est unique à mes yeux. Il faut savoir se protéger à travers les professionnels car il va falloir résister et se mesurer à un être qui veut partager à l’audience les événements qui lui semblent accablants.

Choisir son avocat(e) est un acte sérieux. A ne pas prendre à la légère, je vous dis cela par mon expérience. Se sentir épaulée et comprise quand le « bug »vous touche l’esprit, je vous assure que vous êtes heureuse de trouver votre avocat(e) qui a de l’expérience. Spécialisé(e) dans le domaine, elle vous redonne les termes qui choquent, les situations vécues et qui vous ont projeté dans la situation d’aujourd’hui.

Pourquoi j’ai un blocage ? Pourquoi je ne peux plus raconter ? Pourquoi les mots de me viennent plus ? Ce n’est surtout pas le moment face à lui et surtout à l’audience. Comment vais-je faire ? Que va-t-il se passer
si je ne peux pas répondre ? Et cetera et cetera… L’avocat(e) aide à ne pas faiblir dans ses instants de solitude car l’être que vous avez aimé est là et vous attend dans les moindres défaillances. Il sent que vous ne pouvez pas le haïr et que peut-être les sentiments sont encore présents. Vous avez partagé et construit quelque chose avec cette personne et votre avocat(e) le sait. Mais une personne spécialisée sait vous rappeler ce que vous avez subi. Vous êtes devant un juge pour divorcer et défendre la suite qui fera votre vie future. Il ne faut pas oublier que il ou elle n’hésitera pas à vous massacrer l’esprit par les mêmes propos que vous connaissez d’ores et déjà. Vous êtes coupable et lui la victime. Donc, il faut vous punir de l’abandon. C’est son but à tout jamais. Comment après ça on peut se sentir bien quand les repères sont perdus et que cette personne essaye à nouveau de jouer avec vos ressentis ? L’avocat(e) spécialisé(e) dans le domaine vous aide à retrouver des réponses à certaines questions et vous guide pour l’avenir. Elle assiste à l’audience à vos côtés et je vous le promet, ça rassure. Soudain vous avez froid, chaud et vous tremblez de peur. C’était mon cas. Pour ma part, je n’ai pas pu dormir la veille de l’audience. J’ai prié pour qu’elle soit présente et qu’elle ne m’oublie pas. J’ai été soulagée de l’avoir à mes côtés à l’audience. Elle me comprend et fait son travail sans pression. J’ai pu lui prendre la main avant qu’elle ne reparte à Paris pour lui dire qu’elle me manquera et pourtant, je ne l’ai pas vu longtemps. 

Merci Maître Steyer car aujourd’hui je regarde le soleil autrement sans pleurer et les filles envisagent un avenir plus serein notamment fonder à leur tour une famille.

 

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